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São Martinho de Mouros

Roman, pilori et vignes sur les terrasses du Douro.
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que voir

Igreja de São Martinho de Mouros (église de São Martinho de Mouros), bel exemple du roman portugais du XIIIe siècle.<p>Pelourinho de São Martinho de Mouros, colonne de pierre qui symbolisait l'autonomie municipale de la localité.<p>Estação Arqueológica de Mogueira, site archéologique présentant des vestiges d'habitations et de structures défensives de différentes époques.

à propos du lieu

São Martinho de Mouros se trouve dans le concelho de Resende, surplombant la rive droite du Rio Bestança, à proximité du Douro. Le paysage est fait de vignes en terrasses et des reliefs de la Serra das Meadas. Ancienne capitale de concelho, elle reçut une charte manuéline au début du XVIe siècle, dont le pelourinho témoigne encore aujourd'hui. Son église romane, datant du XIIIe siècle, demeure le cœur du bourg.

histoire

Il existe des terres qui portent des siècles dans la façon dont elles se dressent sur le paysage, et São Martinho de Mouros, dans le concelho de Resende, en fait partie. Surplombant la rive droite du Rio Bestança, non loin du grand Douro, c'est l'une des plus anciennes freguesias de cette région, une terre qui garde la mémoire de l'époque où elle était chef-lieu de conseil et régnait sur les alentours. Pendant de longs siècles, elle fut le centre d'un territoire propre, avec voix et autorité sur les lieux voisins, et des vestiges de cette ancienne grandeur subsistent encore aujourd'hui, parlant d'eux-mêmes.<p>L'histoire de cette terre se lit dans les symboles qu'elle a su préserver. Elle reçut un foral manuelino (charte manuéline) au début du XVIe siècle, document qui lui conférait droits et devoirs et marquait son importance dans l'échiquier du royaume. Et son pelourinho (pilori) se dresse encore — cette colonne de pierre qui, bien plus qu'un ornement, était le signe visible de l'autonomie municipale, le lieu où s'affirmaient la justice et le pouvoir local. Le regarder, c'est regarder des gens qui, de génération en génération, furent maîtres de leur destin et fiers de leur condition.<p>Mais c'est peut-être dans l'Igreja Românica de São Martinho de Mouros (église romane) que l'âme de cette terre se concentre le mieux. C'est le monument que tout le monde désigne, une remarquable structure religieuse qui a résisté au temps et demeure le cœur spirituel et architectural de la freguesia. Ceux qui la visitent comprennent vite qu'il ne s'agit pas d'une église ordinaire : la solidité du roman, la sobriété de la pierre, la façon dont elle s'impose sur les maisons alentour — tout en elle invite au recueillement et au respect pour ce que les mains d'autrefois ont su bâtir pour durer.<p>Le paysage est, à lui seul, une raison suffisante pour monter jusqu'ici. São Martinho de Mouros s'inscrit dans le Vale do Douro, dans ce décor où les terrasses viticoles dessinent la pente en marches patientes, œuvre de nombreuses mains au fil de nombreuses vies. Le Rio Bestança coule à proximité, apportant fraîcheur et verdure aux vallées, et au loin se dresse le relief accidenté de la Serra das Meadas, avec ses belvédères et ses larges horizons. C'est un territoire où l'histoire et la nature s'étreignent, où chaque détour du chemin offre un nouveau point de vue sur le fleuve, sur la montagne et sur les vignes qui descendent jusqu'à l'eau.<p>Les habitants de cette terre maintiennent vivantes les coutumes qu'ils ont héritées, et le calendrier communautaire continue d'être rythmé par la dévotion et la convivialité. La foi rassemble les habitants lors de célébrations solennelles, avec messe et procession ouvrant la voie à la rencontre de toute la communauté, et c'est dans le magusto que beaucoup de ces moments trouvent leur conclusion naturelle : le parfum des châtaignes grillées, la chaleur du feu et les conversations qui se prolongent tard dans la nuit. Ce sont des traditions simples et sincères, faites d'appartenance, qui relient ceux d'aujourd'hui à ceux d'hier et font que ceux qui partent gardent toujours l'envie de revenir en ces moments de l'année.<p>À table, São Martinho de Mouros offre ce que la tradition portugaise a de plus honnête et de plus savoureux. La cuisine locale est faite d'ingrédients du terroir et de recettes transmises de génération en génération. On y goûte le cabrito (chevreau rôti), préparé avec la patience qu'exigent ces plats, et les bifes de presunto (tranches de jambon fumé) qui invitent la charcuterie à table. Il y a les papas de sarrabulho (bouillie hivernale de porc et de sang), le cozido à portuguesa (pot-au-feu traditionnel portugais) qui réunit la famille autour du plat, et l'incontournable caldo verde (soupe au chou), humble et réconfortant. Ce sont des saveurs authentiques, reflet de la culture et des produits naturels de la région, que l'on découvre mieux dans les restaurants et aux étals où arrivent les produits frais du terroir. S'asseoir pour manger à São Martinho de Mouros est, au fond, une façon de connaître la terre de l'intérieur — par ce qu'elle crée et partage.<p>Dans l'ensemble, c'est une freguesia qui a su conserver sa dignité ancienne sans perdre sa simplicité. Entre l'église romane, le pelourinho qui rappelle les temps de l'autonomie, les vignes en terrasses et les saveurs de toujours, São Martinho de Mouros est l'un de ces endroits du Douro qui méritent que l'on s'y attarde : pour regarder, pour goûter et pour ressentir le beau poids du temps.